Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Sanctuaire marial de Schoenstatt Mont Sion Gikungu

Le paradoxe burundais

A l’occasion de la Semaine de l’Université, l'Institut Supérieur de Commerce (ISCO) a organisé, en collaboration avec la Chaire UNESCO, l’UNESCO, l’Atelier Ecole de la foi, Caritas Burundi et avec le financement du Diocèse Stuttgart, une série de conférences, dont deux de la série «Education à la paix » le 18 et le 19 respectivement à 10h30 et 14h30 dans l’amphithéâtre du Campus Rohero. La conférence du 18 juillet sur les thèmes « Le paradoxe burundais» a été animée par le Père Christophe Kokipate Kashiga, Dr Pierre Ngendakumana.

Nous vous rappelons que cette initiative des conférences dans le projet "Education à la paix" est née en août 2013 des Pères de Schoenstatt de Mont Sion Gikungu à travers le Projet Atelier Ecole de la foi. Atelier Ecole de la Foi est un projet de recherche et de formation des leaders chrétiens et un cadre de réflexion et d’échange d’idée sur la société contemporaine. Son objet est le suivant:

  • Chercher comment édifier une société renouvelée;
  • Former des leaders de parole et d’action;
  • Lutter contre l’ignorance;
  • Aider à la culture de la vérité et de la paix;
  • Contribuer à l’enracinement de la foi chrétienne;
  • Travailler en synergie avec les autres organisations ayant la même philosophie que l’Atelier Ecole de la Foi;

C'est ainsi que plus tard, ce projet est entré en partenariat avec l'UNESCO, l'Université du Burundi via la Maison de la Chaire UNESCO et Caritas Burundi. Les deux conférences présentées dans la semaine de l'Université entre dans cette dynamique de former l'homme nouveau dans une société nouvelle qu'est le but ultime du projet.

Les participants emus par les presentations

Après la présentation du Père Christophe Kokipate Kashiga (voir article publié le 19 juillet 2017 sur notre site), de la Communauté des Pères de Schoenstatt au Sanctuaire marial de Schoenstatt Mont Sion Gikungu, et la présentation de Dr Pierre Ngendakumana, un riche débat s'en est suivi. Nous vous présentons dans cet article certains des questions qui ont été posées aux panelistes, surtout aux présentateurs du jour, tout en soulignant qu'avant les deux présentations du Père Christophe et du Dr Pierre, il y avait eu bien d'autres présentations, comme celle de Caritas Burundi sur le développement durable, celle de l'ACECI sur l'entrepreneuriat et celle de Casi Interim sur l'encadrement des jeunes lauréats des Universités pour se préparer à la vie professionnelle, tous ayant signé des conventions de partenariat dans l'après-midi de ce jour-même.

Interventions du public

 Après les interventions des panelistes, s'exprimant sur la question au podium: Comment parvenir à un développement durable et consolider la paix, le modérateur a invité l'assemblée à s'exprimer sur les différents exposés, soit en posant des questions, soit en donnant des compléments.

Un des participants intervient

Le premier intervenant a noté que depuis 50 ans on parle de paix, on fait des colloques mais on en est pas encore là. Y a-t-il une formule magique pour aboutir à la paix? Est-ce qu'il y a moyens de sortir de cette question d'ethnisme au Burundi?

Le deuxième intervenant, il a constaté que les filles sont minoritaires dans la salle. Parlant alors du gaspillage et de la sécurité alimentaire, il a fait savoir que ce que nous faisons ou vivons aujourd'hui repose sur les système économiques déjà établis, qu'est-ce que nous pouvons faire pour changer ces systèmes? Sommes-nous prêts à les changer ou à nous intégrer à ce qu'ils nous imposent? Sommes-nous prêts à intégrer les valeurs fondamentales de nos sociétés au profit des valeurs que nous avons apprises?

Le troisième intervenant a voulu savoir la stratégie mise en place par Caritas Burundi, permettant aux bénéficiaires des ses projets de continuer à vivre d'eux-mêmes en son absence.

La question de l'ethnisme a été aussi soulevée, pourquoi elle revient toujours avec de hautes sensibilités.

Réponses aux questions du public

Les panelistes repondent aux questions

S'exprimant sur cette dernière question sur l'ethnisme, le premier paneliste a rappelé qu'au Burundi, nous vivons des situations dramatiques mais que ce qui est important, c'est que nous pensons toujours au développement durable, ce qui surpasse de loin cette question d'ethnies. "Ça dépend de ce que nous voulons faire de ces ethnies; si nous voulons en faire une richesse, ça aiderait à la consolidation de la paix", a-t-il conclu.

Quant à son homologue, il a noté une crise de l'altérité: plus question de penser à l'autre. "La solution d'Arusha n'a été que pour le partage de pouvoir, sans trouver solution au vrai problème. Il a invité l'assemblée à retourner à la question: qu'est-ce qu'un Burundais? Les blessures des Burundais sont encore ouvertes. Il y a impunité qui fait que ces plaies restent ouvertes. Concrètement, il faut une commission composée d'intellectuelles qui s'interrogent sur ce que c'est le Burundais, pas les politiciens, a-t-il enfin proposé.

Répondant à la premier question, un des panelistes a souligné que chacun de nous est une pierre dans l'édification du monde. Il y a 50 ans que des colloques sur la paix et le développement durables, sans ces colloques, l'on se demande où nous en serions actuellement. Peut-être dans la médiocrité! Vivons plutôt pour tout ce que nous avons toujours lutter, a-t-il invité. Et son co-paneliste l'a épaulé en disant que parler de la paix est un devoir pour tout un chacun. Au Burundi, a-t-il souligné, on a tendance à penser à la suite de l'autre, à copier de l'autre ou à transposer dans notre culture des réalités d'ailleurs. Il faut penser notre propre développement durable, et cela part de la formation dans les universités. Il faut aider les étudiants à penser originalement, a -t-il martelé.

 Le suivant paneliste a fait savoir que quand on parle de développement durable, c'est un idéal que l'on se fixe. Or, l'idéal n'est jamais attend, cela n'existe pas. "Nous rêvons d'une société où il y a satisfaction des besoins. Il faut donc redoubler toujours d'efforts et parler toujours du développement durable. Nous sommes des hommes et pas des anges", a-t-il ajouté. 

Cet autre paneliste, lui, a proposé de revenir sur les valeurs que nos ancêtres nous ont laissées. Ces conférences sont très nécessaires car elles nous mettent à jour pour mieux appréhender le futur. Toutes les valeurs négatives, nous n'avons qu'à les transformer et faire le mixage culturel et la foi nous aidera à faire le filtrage culturelle.

Les participants tres attentifs

Quant à la question sur le gaspillage, un des panelistes évoqué la notion du développement qui suggère le changement. Les étudiants présents sont venus apprendre le changement. Si on analyse la population Burundaise, elle est illettrée, or le développement passe par la connaissance. Il faut donc relever ce défis d'illettrisme, procéder au changement de mentalités chez nos parents qui n'ont pas été à l'école. Le gaspillage est emprunt au système capitaliste qui entraine l'individualisme. On est en compétition, chacun allant dans son sens. Les uns ont des surplus, et ces dernier sont mal gérés, alors que d'autres sont dans un besoin criant, a-t-il noté.

Enfin, la stratégie de Caritas de nourrir la population. Caritas ne nourrit pas la population mais aide, contribue comme tant d'autres organisations à l'allégement de la sous alimentation, à avoir de quoi se nourrir. Donc, Caritas accompagne ces population bénéficiaires de ses projets dans leur gestion durable.

Nous vous informerions que cette synergie Atelier Ecole de la Foi - Université du Burundi - l'UNESCO - Caritas Burundi est en train de préparer un événement de haut niveau: une semaine pour la paix au mois de septembre, en la célébration de la Journée Internationale de la Paix. Ce sera dans la semaine du 18 au 24 septembre 2017, cette journée étant célébrée le 21 septembre.

Diomède Mujojoma

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article