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Sanctuaire marial de Schoenstatt Mont Sion Gikungu

CELEBRATION DE LA CLOTURE DE L’ANNEE DE LA MISERICORDE AU NIVEAU DE L’EGLISE DU BURUNDI.

Mont Sion Gikungu le 20 11 2016

« Rendons grâce pour cette année de la miséricorde divine en nous entraidant à devenir miséricordieux comme notre Père qui est dans les cieux ! » C’est en substance le thème sous lequel des milliers de fidèles, autour de tous les évêques du Burundi et du Nonce apostolique, ont célébré officiellement,  et à l’échelle National, la cloture de l’année jubilaire  de la miséricorde  et la fête du Christ –Roi ce dimanche 20 novembre 2016 au Mont Sion Gikungu.

Le Sanctuaire marial Mont Sion Gikungu était décoré plus que jamais, dirait-on. Au portail, on voyait, sur l’arc de triomphe où défile interminablement la phrase d’accueil aux pèlerins, une banderole comportant le thème du jour. A l’intérieur, la  cour carrelée, bien nettoyée, accueillait  seulement quelques véhicules des personnalités de marque. Les fleurs jalonnant le parterre étaient, tels les rangs des militaires, spectaculairement sur mesure tout comme celles qui coiffent de l’intérieur la clôture. Des banderoles, drapelets, fleurs,  et guirlandes à l’autel, faisaient de l’église  un véritable palais du Roi des rois. Un camion extincteur de la police de protection civile était sur le lieu pour l’approvisionnement en eau et un secours éventuel.   En haut de l’église de la Trinité, on voyait,  trois tentes pour abriter les fidèles qui les ont vite débordées.

Un pèlerinage unique

Depuis très tôt, autour de  8heures du matin, des fidèles commençaient à venir. Ils venaient de différents coins du pays. Le nombre  des arrivants croissait de plus en plus. On en voyait qui venaient en famille, d’autres en groupe en pressant le pas, d’autres scandant des chants d’action de grâce. Parmi ceux qui arrivaient figuraient les délégués des différents diocèses; chacun en avait envoyé une vingtaine. C’est dans une ambiance de joie que les pèlerins étaient accueillis,  tant les chants d’animation étaient bien choisis.

A  9 heures, une prière de louange a commencé. Les fidèles qui occupaient déjà tous les estrades, n’ont pas  pu cacher l’esprit de reconnaissance au Dieu de Miséricorde. Le centre de l’Eglise  était auréolé par l’arc en ciel des habits des religieux de diverses congrégations  qui étaient massivement venus à cette fête. On aura compris, à travers leur prière, que cette année a  laissé beaucoup de fruits dans la vie des fidèles.

Le commentaire par l’Abbé Désiré NIBIZI qui a pris la relève était davantage une exhortation à rendre grâce à Dieu pour sa miséricorde infinie.  En rendant grâce, a-t-il fait remarquer, soyons miséricordieux à notre tour. En alternant enseignement et invocation de  la Vierge Marie, l’Abbé Désiré a répété maintes fois la devise : miséricordieux comme le Père (Lc 6, 36). Justement, pour insister sur sa volonté de voir perpétuées les œuvres de miséricorde en imitant selon lui, le Dieu Père qui nous a infiniment aimés en nous envoyant son Fils.

Pendant tous ces rites, les fidèles continuaient  à vivre le sacrement de la réconciliation. On comptait au moins 13 confesseurs, au niveau de la face ouest de l’Eglise de la Sainte Trinité.

Célébration eucharistique

A 10 heures pile, la Sainte Messe allait juste commencer. Une procession partant de la sacristie a ouvert la célébration. On y voyait entre autres 10 drapeaux, des tambours des membres du Mouvement Chiro, la Chorale du Grand Séminaire  Saint Curé d’Ars de Bujumbura,  autour  de 105 prêtres et un diacre, 10 évêques dont le Nonce apostolique au Burundi. Selon le rythme du chant d’entrée, la procession a avancé vers l’Eglise, au milieu de plus de 15000  fidèles en ovation. Deux chorales étaient prévues pour animer la liturgie : chorale Saint Martin du Sanctuaire marial Mont Sion et la Chorale du Grand Séminaire de Bujumbura.  Dans l’Assemblée présente figuraient aussi  des personnalités de marque : Le  Président de l’Assemblée nationale, le vice-président du Sénat, l’Evêque du diocèse anglican de Bujumbura, des représentants de l'Eglise orthodoxe du Burundi,…  

Au début de la célébration, après signe de croix et  salutation, la Chorale de l'ITABU Saint Benoit de Bugwana du diocèse Muyinga qui a remporté le prix du chante l'hymne de la Miséricorde l'a entonné. C’est après que le Père Yves IRAKOZE a prononcé un mot d’accueil. "Au nom des Pères de Schoenstatt, a-t-il dit, je souhaite la bienvenue aux évêques et à vous tous qui êtes venus à cette célébration. Je remercie, la Conférence des évêques pour avoir choisi le Sanctuaire Marial de Gikungu comme lieu de célébration de cette fête de marque en tant qu’Eglise entière  du Burundi. Sentez-vous bien ici au Sanctuaire de la Reine, Mère du Christ Roi de l’univers, a-t-il ajouté.

Discours du Nonce : Année de la miséricorde, occasion de murir intérieurement en plusieurs aspects.

Prenant la parole, le Nonce Apostolique au Burundi, Mgr SAUSKI VOCHERI a commencé par saluer  tous les participants sur place et ceux qui suivaient la célébration à distance (malades, prisonniers…) via radio Maria Burundi et la Radio Télévision Nationale du Burundi. Dans les remerciements qui ont suivi, à l'endroit de la CECAB dont il a reconnu la solidarité avec l’Evêque de Rome, il a particulièrement remercié les Pères de Schoenstatt pour l’accueil et tout l’apostolat auquel ils se dévouent dans l’Eglise. Il y a une année, a-t-il dit, j’ai pris part à l’Ouverture de ce jubilé au Sanctuaire Marial de Mugera. Aujourd’hui aussi, comme Représentant du pape, je me réjouis d’être parmi vous pour la clôture. Notre Eglise et chacun de nous a reçu au cours de cette année des grâces, c’est ainsi que nous venons rendre grâce. C’est une année qui nous a aidés à avoir la maturation intérieure et à tourner nos regards vers Jésus miséricordieux, en vue de devenir miséricordieux comme Dieu le Père.

L’année que nous sommes en train de clôturer, a-t-il renchéri, était une occasion  de pratiquer plus que jamais, les œuvres de miséricorde. L’occasion nous était offerte de nous renouveler intérieurement par le sacrement de la réconciliation et faire expérience à foison de la miséricorde divine. En tant que pèlerins de la terre, nous nous trouvons en permanente nécessité de miséricorde. Ainsi, devons-nous pratiquer les œuvres de miséricorde corporelle et spirituelle, a repris le Nonce.

Pour terminer, Mgr SAUSKI VOCHERI a souhaité à tous  que le Christ-Roi les guide, qu’Il veille sur eux et qu’il les aide à vivre la miséricorde tout au long de la vie et que sa lumière d’amour sans fin leur apporte la paix.

Après, ces discours, Mgr Evariste NGOYAGOYE, Archevêque  de Bujumbura, a regagné l’autel pour présider l’Eucharistie. Revenant en bref sur le contexte, il a invité tous à reconnaitre et à confesser les faiblesses. Le Kyrie  a été présenté successivement par une religieuse, un homme politique, une famille (mari, femme, enfant), chacun demandant pardon pour les faiblesses et tords fréquents dans sa catégorie sociale.

Homélie : Que le Christ ait manifesté sa  Royauté sur la croix, cela ne vous étonne-t-il pas ?

  L’homélie de l’Archevêque de Bujumbura s’est focalisée sur la fête du Christ-Roi et les textes du jour (2S 5,1-3 ; Col 1, 12-20, Cl 23, 35-43).  Après avoir salué tous les fidèles, il a rappelé que les Evêques du Burundi s’unissaient au Pape François, au  moment où il venait de fermer  la porte de la miséricorde, à la Basilique Saint Pierre à Rome. Une telle  porte avait été fermée le dimanche 13 Novembre 2016 partout ailleurs dans le monde - y compris au Sanctuaire marial de Schoenstatt Mont Sion Gikungu. Aujourd’hui, nous venons rendre grâce, a-t-il fait savoir. Nous avons sans doute reçu bien de grâces. L’Echo qui nous parvient des paroisses est rassurant. Certains, ont pourtant réclamé : C’est à présent que nous comprenons et vous fermez !!! « La miséricorde de Dieu ne se ferme jamais ! On continuera sous une autre forme », a-t-il rassuré.

Cette Fête du Christ Roi clôt l’année liturgique. Avec le dimanche prochain, le 27 novembre 2016, nous commencerons la période de l’Avent. Dans cette période, l’Eglise nous rappelle où nous allons.  Finirons-nous  à la tombe ou y a-t-il une autre destinée ? Certes il y en a une. Suivons ces lectures, a exhorté Monseigneur Ngoyagoye.

 La première  lecture nous montre le Roi David, unificateur, faisant de deux Royaumes (Celui du Nord et celui du Sud) un seul Royaume. Ceci préfigure la Royauté du Christ. Les rois d’Israël se distinguaient des voisins par leur foi en Un autre Roi Suprême, supérieur à eux. Leur royauté participait à la Royauté de Dieu. Pour constitution, ils avaient les 10 commandements. Depuis longtemps, ils avaient entendu qu’un autre Roi naitrait de la lignée de David. C’est Jésus qui est né à Bethléem, humble, apparemment sans aucune caractéristique royale. Trouvez-vous cela normal ? Demanda l’Archevêque de Bujumbura.

Quand Jésus a grandi, Satan l’a tenté en lui proposant pouvoir et richesses, mais il a refusé. Il n’a pas voulu être intronisé comme Roi. Quand il a nourri les foules, on a voulu l’investir mais s’est dérobé. Mais quand l’heure fut venue, à Jérusalem, il s’engagea librement. Là aussi, il est venu, humble, assis sur un âne à l’opposé des Rois de ce monde qui roulaient à cheval. Dans l’Evangile, nous le voyons mourir sur la croix. Qu’il manifeste sa royauté sur la croix, cela ne vous étonne pas ? Toutes les catégories se sont moquées de lui : chefs de prêtres, les soldats, les chefs politiques, les  religieux …mais un des voleurs a compris et a fini par sortir le mot décisif : « …Souviens –toi de moi quand tu seras dans ton Royaume. »  Le voilà qui reconnait la Royauté du Christ ! D’autres, avec lui, font la même confession : les femmes qui se tenaient à côté de la croix, dont Marie sa Mère en tête, l’autre Marie et bien d’autres comme le soldat qui le transperça, Joseph d’Arimathie qui l’ensevelit…

La 2ème  lecture quant à elle, corrobore bien l’aspect royal du Christ. Saint Paul décrit le Christ comme  de loin supérieur à toutes les autres Puissances. En effet, il est Roi, non seulement des hommes mais aussi de tout. Nous sommes donc venus vers le Roi des rois pour l’adorer, le glorifier, lui rendre grâce, a-t-il rappelé. Faisons-le de tout notre cœur !

Il a alors félicité les membres  des différents Mouvements d’action Catholique qui gardent le Christ comme leur Roi et qui le servent avec ferveur. Il a particulièrement encouragé les membres du Mouvement Chiro qui n’ont d’autre Patron que le Christ-Roi de l’Univers. Il leur a souhaité comme à tous  d’aller de l’avant et de fructifier tout ce qui peut aider à grandir dans la fidélité et la glorification de notre Roi. L’Archevêque NGOYAGOYE a terminé son homélie en remerciant, tous pour leur participation à la fête et surtout les religieux qui avaient répondu massivement à cette fête.  Un remerciement particulier a été adressé aux Pères de Schoenstatt pour leur accueil et leur apostolat. Il a clôturé en promettant qu’on continuera à expérimenter la miséricorde de Dieu à travers d’autres formes dont l’accueil de la croix qui est un signe adéquat de la miséricorde divine. Il a alors invité les fidèles à se lever et à professer la foi.

                                                                                                                  Révérien BANZIRIYUBUSA

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