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Sanctuaire marial de Schoenstatt Mont Sion Gikungu

Les indulgences

La porte sainte de la misericorde au Sanctuaire Mont Sion Gikungu
La porte sainte de la misericorde au Sanctuaire Mont Sion Gikungu

Nous sommes encore dans le cheminement de l'année du jubilé extraordinaire de la miséricorde divine. Rappelons-nous que cette année a été inaugurée par le Pape François, le 8 décembre 2015 et se clôture le 20 novembre, en la solennité du Christ Roi de l'Univers. Chaque chrétien est invité à vivre de façon extraordinaire cette année, une année de grâces et de bénédictions.

Il y a, cependant, des pratiques qui nous sont demandées, et des fois nous ne les comprenons pas. C'est dans cette perspective que nous jugeons bon, même si le chemin semble au bout, de vous donner certaines explications sur les termes "pardon et indulgence" qui sont souvent utilisés au cours de cette année jubilaire. Et au Sanctuaire marial de Schoenstatt Mont Sion Gikungu, la porte sainte de la miséricorde divine y a été ouverte. En la franchissant, on reçoit l'indulgence.

Par définition, « l'indulgence est la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée » (Catéchisme de l’Église catholique, n. 1471). Pour autant, il semble difficile de comprendre cette réalité car elle fait référence à plusieurs éléments complexes de la foi chrétienne : le sacrement de réconciliation, la réparation des péchés, la communion des saints, le purgatoire et la médiation de l’Eglise. D’où la nécessité d’expliquer aussi ces éléments.

1. Pardon et réparation

L’indulgence est distincte du pardon des péchés, qui est donné par Dieu dans le sacrement de confession à celui qui regrette sincèrement ses péchés. Le pardon restaure la relation entre Dieu et l’homme, détruite ou abîmée par le péché. Mais le péché n’abîme pas seulement cette relation ; il a aussi d’autres conséquences comme briser l’harmonie entre les hommes, entre l’homme et la création et l’intégrité même de l’homme.

Contrairement à ce que l’on pense souvent, le pardon donné dans la confession ne répare pas toutes les conséquences du péché. Ces conséquences, appelées peines temporelles, ne sont remises que par la miséricorde de Dieu que l’homme accueille et à laquelle il coopère par des actes de charité, de miséricorde, de pénitence et de prière (cf. Ep 4,24 et CEC, n.1472).

2. Comment réparer ?

Le premier moyen qui nous est donné pour réparer est la pénitence donnée en confession. Elle contribue non pas au pardon des péchés - seule la confession sincère et l’absolution reçue sont nécessaires pour être pardonnés - mais à la réparation des conséquences. Comme tout pénitent peut en faire l’expérience, il y a très souvent une disproportion entre la pénitence donnée et les conséquences dues à notre péché. Cette pénitence ne répare ainsi que partiellement les peines dues au péché.
Le deuxième moyen consiste dans tous les actes de charité, de miséricorde, toutes nos prières, toutes les épreuves ainsi que dans tous les actes par lesquels on peut s’unir au Christ.
Le troisième moyen de réparer, ce sont les indulgences. En vertu de la communion des saints, c’est-à-dire de la même et unique charité qui relie tous ceux qui sont unis au Christ par la foi, il existe un échange de biens « qui n’est pas une somme de biens, ainsi qu’il en est des richesses matérielles accumulées au cours des siècles, mais qui est le prix infini et inépuisable qu’ont auprès de Dieu les expiations et les mérites du Christ Notre Seigneur, offerts pour que l’humanité soit libérée du péché et parvienne à la communion avec le Père. C’est dans le Christ, notre Rédempteur, que se trouvent en abondance les satisfactions et les mérites de sa rédemption (cf. He 7,23-25 9,11-28) » (CEC, n. 1476)
Par les indulgences, l’Eglise puise dans ce trésor afin de l’appliquer à ceux qui veulent en profiter. Mais comme il appartient au projet de Dieu que l’homme coopère à la rédemption, qu’il mérite par ses actes la grâce gratuite de Dieu, l’Eglise demande à ce que le fidèle qui souhaite obtenir une indulgence pose un acte. Ainsi, par l’indulgence, « l’Eglise ne veut pas seulement venir en aide à ce chrétien, mais aussi l’inciter à des œuvres de piété, de pénitence et de charité. » (CEC, n. 1478) A travers l’indulgence, nous comprenons que « par nos seules forces, nous serions incapables de réparer le mal commis et que les péchés de chacun portent tort à toute la communauté. » (Benoît XVI, Sacramentum Caritatis §21).

3. Les indulgences

Contrairement à ce que l’on pense souvent, les indulgences sont données largement et habituellement par l’Eglise. Le Manuel des indulgences en recense de façon courante plus de trente-sept : cela va, par exemple, du fait de recevoir la bénédiction Urbi et Orbi du Pape, de renouveler les promesses de son baptême le jour de la vigile pascale ou de visiter une basilique majeure de Rome en récitant un Credo et un Pater. Mais une indulgence plénière est aussi accordée à celui qui visite le Saint-Sacrement pendant une demi-heure, lit la Sainte-Ecriture avec attention pendant une demi-heure, récite pieusement le chapelet avec plusieurs autres personnes, etc. L’indulgence n’est donc pas quelque chose d’exceptionnel mais de courant.
Ces indulgences peuvent paraître « faciles » par rapport à la gravité des péchés commis. Mais cette disproportion se retrouve déjà dans la pénitence qui est donnée lors de la confession alors que le péché peut être objectivement grave. Face à la miséricorde de Dieu, l’enjeu n’est pas dans la difficulté mais dans le fait de poser librement un acte par lequel nous marquons notre détachement du péché et notre volonté d’être avec Dieu.
L’Eglise accorde deux types d’indulgence : les indulgences plénières qui remettent la totalité de la peine due au péché ou bien les indulgences partielles, qui remettent une partie de cette peine. Pour ces indulgences partielles, l’Eglise parlait autrefois de « nombre de jours », indication qu’on peut retrouver dans certains missels ou certaines chapelles. Elle ne parle plus que d’indulgence partielle pour éviter que les fidèles croient qu’il s’agit de jours de purgatoire en moins et tombent ainsi dans une vision comptable de la grâce.

4. A quelles conditions recevoir l’indulgence ?

Pour obtenir l’indulgence, il faut être en état de grâce et se détacher complètement du péché, même véniel. Il faut recevoir le sacrement de la Réconciliation, recevoir la sainte communion, prier aux intentions du Saint-Père et franchir la porte de la Miséricorde. La prière selon l'intention du Pape est laissée au choix du fidèle, mais on suggère un « Notre Père » et un « Ave Maria ».
Il est bon, mais pas nécessaire, que ces rites soient accomplis le même jour : ils peuvent aussi l'être en quelques jours.
En outre, les fidèles doivent réaliser l’une des œuvres suivantes,

  • Œuvres de piété : par exemple, un pèlerinage dans un sanctuaire, ou encore un acte de piété (chemin de croix, chapelet, adoration eucharistique, etc.) ;
  • Œuvres de miséricorde : par exemple, rendre visite à des frères dans le besoin ou en difficulté (personnes malades, détenues, âgées et seules, handicapées, etc.), en accomplissant comme un pèlerinage vers le Christ présent en eux, ou bien soutenir par une contribution significative des œuvres à caractère religieux ou social (en faveur de l'enfance abandonnée, de la jeunesse en difficulté, des personnes âgées indigentes, des étrangers) ;
  • Œuvres de pénitence : par exemple, au moins pendant une journée, s'abstenir de consommations superflues (tabac, boissons alcoolisées, etc.), ou jeûner et allouer une somme convenable aux pauvres.

5. Qui peut obtenir l’indulgence ?

On peut recevoir une indulgence pour soi-même ou pour un fidèle défunt, mais pas pour une autre personne encore vivante : c’est à elle de faire elle-même une démarche pour se libérer du péché. Ni Dieu ni aucun autre ne peuvent se substituer à sa propre liberté. Faire une démarche pour obtenir une indulgence n’est pas un calcul mais ultimement un acte de confiance dans la Miséricorde absolue de Dieu.
Dans le sacrement de la Réconciliation, Dieu pardonne les péchés, et ils sont réellement effacés, cependant que demeure l’empreinte négative des péchés dans nos comportements et nos pensées. La miséricorde de Dieu est cependant plus forte que ceci. Elle devient indulgence du Père qui rejoint le pécheur pardonné à travers l’Epouse du Christ, et le libère de tout ce qui reste des conséquences du péché, lui donnant d’agir avec charité, de grandir dans l’amour plutôt que de retomber dans le péché.

Pape François, Misericordiae Vultus §22

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