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Sanctuaire marial de Schoenstatt Mont Sion Gikungu

III. L’APPORT DU SANCTUAIRE FOYER AUX FAMILLES BURUNDAISES (suite)

[...]

2. Education à la liberté

Le sanctuaire foyer devient le centre spirituel local dans la vie de la famille et fait que des liens se façonnent entre les membres de la famille et la sainte Vierge Marie. Les enfants grandissent dans ce monde de valeur et s’acceptent eux-mêmes tels qu’ils sont. Contrairement à l’éducation traditionnelle burundaise où l’enfant devait subir une formation indépendamment de sa volonté, au sanctuaire, il reçoit une capacité qui lui fait s’adonner à une sérieuse auto-éducation pour tendre à une sanctification telle qu’elle correspond à un chrétien et surtout à un Schoenstattien. En ce sens, l’éducation n’est pas seulement pour les enfants, elle est aussi pour les adultes où même le mari et la femme s’auto éduquent pour mieux se libérer des tentations du malins afin de tendre toujours vers la sainteté quotidienne.

Une famille qui se laisse guider par la Mère de Dieu dans le processus d’auto éducation, il lui devient facile de vivre la doctrine chrétienne. Elle ne la voit pas comme un fardeau ou quelque chose auquel elle est obligée d’adhérer mais un chemin qui la conduit au salut. Et, Marie garde un vivant contact avec elle. Une fois que cette famille s’efforce, à son tour, de rester en connexion avec Marie dans la prière, elle se charge de son travail éducatif. De cette façon, elle n’a qu’à accomplir sa promesse : « Ici, j’attirerai à moi les cœurs juvéniles !»[1]. Ces derniers sont les cœurs qui sont ouverts pour accueillir la volonté de Dieu librement. Marie les éduque et en fait des instruments utiles entre ses mains pour la réalisation des « trois grands buts, vers lesquels la Famille aspire : l’homme nouveau dans la communauté nouvelle, la sauvegarde de la mission de l’occident et finalement la construction et l’aménagement de l’organisation mondiale apostolique ayant une structure fédérale »[2].

Si la bienheureuse Mère souhaite former une nouvelle société à l’homme et un nouveau type de personnalité depuis schoenstatt, elle doit concentrer nécessairement son entière puissance de grâces, en créant et en augmentant le nombre de familles de Schoenstatt fortes. (Cf. Lettre du Père Kentenich depuis Santa Maria). Au Burundi, le sanctuaire foyer vient purifier la foi de nos ancêtres surtout avec la pratique de faire des promesses (Indagano). A la place des arbres (dits sacrés) au sanctuaire, il y a l’image de la Mère de Dieu avec d’autres objets sacrés. Une fois que je fais une demande à Dieu et à Marie dans mon sanctuaire foyer et que je promets de faire un sacrifice de retour, si je ne le fais pas, Dieu et la Vierge Marie m’attendent toujours non pas pour me punir mais pour que je me convertisse. Avec la présence de ce sanctuaire foyer à la maison, on est libéré de la peur de rencontrer l’ « imana »mauvais. Et, ce sont ces familles qui accueillent la Vierge Marie dans leurs foyers qui deviennent des sanctuaires vivants pour la formation de l’homme nouveau.

3. La famille, Sanctuaire vivant

Faire de la famille, un sanctuaire vivant, revient à faire entrer dans le sanctuaire foyer l’atmosphère de l’année liturgique avec ses multiples coutumes religieuses. Il s’agit d’abord de revoir comment nous célébrons les différents temps forts de l’année liturgique. Faire par exemple la couronne de l’avent ou bien mettre une nappe en couleur violette. Puis, les différentes formes liturgiques doivent y être effectuées : prières, entretien spirituel, recueillement, méditation, etc.

Une fois que l’atmosphère liturgique est gardée dans le sanctuaire foyer et que le capital de grâce est offert, la Vierge Marie y distribue les grâces comme elle le fait au sanctuaire originel et aux sanctuaires filiaux. C'est-à-dire, dans ce cas, que tout ce que nous savons des grâces du sanctuaire originel et des sanctuaires filiaux, tout cela vaut, jusque dans les détails exactement aussi, pour le sanctuaire au foyer. Des visites s’y font par les membres de la famille et même des prières qui les rassemblent sont organisées. Ce sanctuaire aide la famille de bien vivre surtout les mois marials (Mai et Octobre) et le chapelet est récité chaque jour. C’est une occasion aux enfants de grandir tout en connaissant par cœur quelques prières couramment utilisées. C’est aussi un bel endroit de partage de la parole de Dieu où les parents et les enfants profitent de se donner mutuellement des conseils.

CONCLUSION

Nous aurons vu à travers ce travail comment la tradition burundaise comporte des éléments qui facilitent l’accueil et la compréhension du sanctuaire foyer et comment ce dernier apporte d’autres nouveaux pour l’enrichir. Aussi, devient-il un atelier pour l’éducation à la liberté où la Mère de Dieu, dans ledit sanctuaire, est l’acteur principal. En effet, les Burundais étaient convaincus que Dieu a besoin de la collaboration de l’homme : Imana ifasha uwifashije (Dieu aide celui ou celle qui s’engage pour son salut). Schoenstatt, avec la réalité du sanctuaire, apporte la nouveauté, de la contribution au capital de grâces, tout en ayant la conviction que ce qui est valable pour le sanctuaire d’origine, l’est aussi pour le sanctuaire filial, pour celui domestique et celui du cœur. Il est possible de comprendre également le sanctuaire foyer à partir de la pratique d’indagano qui était effectuée dans les « Ibitabo », aménagés dans les coins des maisons pour la rencontre avec Dieu. Pour le sanctuaire, nous y mettons des images et symboles sacrés au lieu des arbres sacrés qui sont des signes ou sacramentaux qui aident notre esprit à s’élever vers Dieu.

Dans son travail éducatif, la Vierge Marie vient au sanctuaire foyer pour renforcer les trois types de formation qui se trouvent déjà dans la tradition burundaise : la formation pratique, sociale et humaine. Mais, comme celle qui a éduqué celui qui l’a créé, elle donne aussi une formation chrétienne. Et, comme dans la tradition burundaise, l’éducation concernait seulement les enfants, Marie, à travers le sanctuaire foyer, éduque toute la famille à la liberté des enfants de Dieu. Il s’agit d’une liberté intérieure qui fait que l’individu apprenne à répondre généreusement à la volonté de Dieu. Une famille, faite par des membres libres intérieurement, devient un Sanctuaire vivant parce qu’en eux, l’éducation mariale a été très efficace. Ils font tout pour « la plus grande gloire de Dieu et pour le salut des âmes ».

Étant donné que je ne peux pas prétendre avoir épuisé les contours d’un sujet si riche et à grande dimension, le travail reste ouvert aux suggestions éventuelles de toute personne intéressée par le sujet ci haut développé. Qu’apporteraient par exemple les témoignages de ces familles qui ont déjà fait l’expérience d’avoir chez elles le sanctuaire foyer ? Qu’en est-il de toutes ces familles ou personnes qui se sont évertuées à accueillir dans leurs maisons la Sainte Mère de Dieu pendant les temps forts des mois de Mai et d’Octobre ? En tout état de cause, la réalité est que le sanctuaire foyer contribue beaucoup dans le développement familial en toutes ses dimensions.

[1] P. Paul Zingg et M. Herménégilde Ntabiriho, ibidem, p52

[2] Idem

BIBLIOGRAPHIE

  1. F.M REDEGEM Sagesse kirundi, publié sous les auspices de la linguistique Africaine, TERVUREN, 1961.
  2. Fr. Jonathan Niehaus, The birth of home shrine, second ed., Waukesha, Wisconsin 53188, USA, 1994.
  3. Joseph Kentenich, Lettre du Brésil au Père Tich (santa Maria), le 15/1948.
  4. Conférence que le Père Kentenich a donnée aux familles à Milwaukee le 28 septembre 1962.
  5. Joseph Kentenich, Les Documents de Fondation, Shoenstatt-Verlag ( pour la version allemande), tradruit par René Lejeune, 1967/1979.
  6. P. Paul Zingg et M. Herménégilde Ntabiriho (éd.), P. Joseph Kentenich : Sanctuaire et pédagogie, Pères de Schoenstatt Mont Sion Gikungu, Bujumbura/Burundi, Janvier 2012

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