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Sanctuaire marial de Schoenstatt Mont Sion Gikungu

« La protection de l’environnement est une attitude sociale » (1/2)

Traduction intégrale de l’allocution improvisée par le pape François lors de la rencontre des maires du monde sur esclavage moderne et changements climatiques. Le pape évoque aussi la question des mines. Première partie.

Anita Bourdin

Rome, 21 juillet 2015 (ZENIT.org)

« La protection de l’environnement est une attitude sociale », explique le pape François qui déclare aussi : « L’écologie est totale, elle est humaine ».

Le pape François est en effet intervenu dans la salle du synode, ce mardi 21 juillet, à 17h, au “Carrefour” international de maires du monde - mettant en lumière le lien entre réchauffement climatique et esclavage moderne - qui a été présenté au Vatican le 15 juillet, sous le titre: “Esclavage moderne et changement climatique : l’engagement des villes”. Il est organisé au Vatican par l’Académie pontificale des sciences sociales.

Au cours de la rencontre, le pape a prononcé un discours d’abondance du coeur, en langue espagnole.

Le pape évoque aussi la question des mines pour laquelle il a récemment adressé un message au cardinal Turkson.

Ecologie humaine, totale

Le pape souligne le lien indissoluble entre l’humanité et l’environnement : il faut donc une écologie « humaine », « totale ». “Bonsoir, bienvenus! a dit le pape François. Je vous remercie sincèrement, de tout cœur, pour le travail que vous avez fait. C’est vrai que tout tournait autour du thème de la protection de l’environnement, de cette culture de la protection de l’environnement. Mais cette culture de la protection de l’environnement n’est pas seulement une attitude « verte » – je le dis dans un sens positif –, ce n’est pas une attitude « verte », c’est beaucoup plus. C’est-à-dire que protéger l’environnement est une attitude de l’écologie humaine. En d’autres termes, nous ne pouvons pas dire : la personne est ici et la création, l’environnement, là. L’écologie est totale, elle est humaine. »

Une encyclique sociale

Le pape insiste sur le fait que son encyclique n’est pas « verte » mais « sociale » : « C’est ce que j’ai voulu exprimer dans Laudato Si’ : que l’on ne peut pas séparer l’homme du reste, il y a une relation d’incidence mutuelle, soit de l’environnement sur la personne, soit de la personne sur la façon de traiter l’environnement. Et aussi que l’effet de boomerang contre l’homme quand l’environnement est maltraité. C’est pourquoi face à une question qu’on m’a posées, j’ai dit : « Non, ce n’est pas une encyclique « verte », c’est une encyclique « sociale ». Parce que dans le milieu social, de la vie sociale des hommes, nous ne pouvons pas mettre à part la protection de l’environnement. Plus encore, la protection de l’environnement est une attitude sociale, qui nous socialise d’une façon ou d’une autre – chacun peut y placer la valeur qu’il veut - .et d’un autre côté, nous fait recevoir – l’expression italienne quand ils parlent de l’environnement me plaît – de la « Création », de ce qui nous a été donné comme don, à savoir l’environnement. »

Migrations et environnement

Le pape a souligné le rapport entre la « croissance démesurée des villes », le phénomène migratoire et la dégradation de l’environnement : « D’un autre côté, pourquoi cette invitation qui m’a paru une idée – de l’Académie, de Mgr Sanchez Sorondo – très féconde, d’inviter les « alcades », les maires des grandes villes - ou pas si grandes -, mais de les inviter ici pour parler de cela ? Parce que l’une des choses que l’on remarque le plus quand l’environnement - la Création -, n’est pas protégé c’est la croissance démesurée des villes. C’est un phénomène mondial : les « têtes », les grandes cités, grandissent, mais à chaque fois avec des cordons de pauvreté et de misère plus grands, où les gens souffrent des effets d’une négligence de l’environnement. Dans ce sens, le phénomène migratoire est enveloppé. »

Le pape souligne une première raison de ce phénomène : l’absence d’avenir dans les campagnes : « Pourquoi les gens viennent-ils dans les grandes villes, dans les périphéries des grandes villes, les « quartiers de misère », les « chabolas » les « favelas » ? Qu’est-ce qui déclenche cela ? Simplement parce que dans le monde rural ne leur offre plus d’opportunités. »

Exode rural et chômage

Il dénonce la technocratie comme cause de cet exode rural, du chômage, surtout des jeunes, avec la plaie du suicide: « Et un point qui est dans l’encyclique, et avec beaucoup de respect, mais il faut le dénoncer, c’est l’idolâtrie de la technocratie. La technocratie conduit à enlever le travail, crée du chômage, les phénomènes de chômage sont très grand et on a besoin d’émigrer, à la recherche de nouveaux horizons. Le grand nombre des chômeurs inquiète, surtout celui des jeunes. Je n’ai pas les statistiques, mais dans certains pays d’Europe, le chômage des jeunes de moins de 25 ans arrive à 50%. Entre 40 – 47, je pense à un autre pays et 50 : je penses à d’autres statistiques sérieuses données par des chefs de gouvernements, les chefs d’Etat directement. Et en se projetant vers l’avenir, cela nous fait voir un fantôme, à savoir une jeunesse au chômage à laquelle quel horizon et quel avenir offrir ? Que reste-t-il à cette jeunesse ? Ou les dépendances ou l’ennui, ou ne pas savoir quoi faire de sa vie – une vie sans aucun sens, très dure – ou le suicide des jeunes – les statistiques du suicide des jeunes ne sont pas publiées dans leur totalité- pu chercher d’autres horizons, même dans des projets guerriers, un idéal de vie. »

La déforestation

Le pape indique en outre les risques pour la santé: « D’un autre côté, la santé est en jeu. La quantité de maladies qu’on appelle “rares” qui viennent de nombreux fertilisants des champs – ou va savoir, on ne sait pas encore bien les causes – mais d’un excès de “technique”. Parmi les plus grands problèmes il y a l’oxygène et l’eau. C’est-à-dire la désertification de grandes régions du fait de la déforestation. Ici, à mon côté, il y a le cardinal archevêque chargé de l’Amazonie brésilienne: il peut dire ce que signifie la déforestation aujourd’hui en Amazonie, qui est le poumon du monde, Congo, Amazonie, les grands poumons du monde. La déforestation dans ma patrie: il y a quelques années, - 8 ou 9 ans – je me souviens que le gouvernement fédéral a fait un procès à une province, il y a eu un jugement pour arrêter la déforestation qui affectait la population. »

Le travail au noir et l’esclavage

« Que se passe-t-il quand tous ces phénomènes de technique excessive, d’absence de protection de l’environnement, en plus des phénomènes naturels, ont un impact sur la migration? Le fait de ne pas avoir de travail, et ensuite la traite des personnes. Le travail au noir devient plus habituel, un travail sans contrat, un travail réglé sous la table. Comme il s’est développé! Le travail au noir est très important, ce qui signifie qu’une personne ne gagne pas suffisamment pour vivre. Cela peut provoquer des attitudes délictueuses et tout ce qui se passe dans une grande ville du fait de ces migrations provoquées par la “technique”. Surtout, je me réfère en particulier à l'agriculture ou à la traite des personnes dans le travail de l'exploitation minière, l’esclavage dans les mines et encore très grand. Il est très fort. Et ce que signifie l’utilisation de certains éléments de nettoyage des minéraux – arsenic, cyanure – qui provoquent des maladies dans la population. Il y a là une très grande responsabilité. C’est-à-dire que tout revient, tout retourne. C’est l’effet boomerang contre ma même personne. Cela peut être la traite des personnes du fait du travail – esclave, la prostitution, qui sont des sources de travail pour pouvoir survivre aujourd’hui.”

(à suivre)

Traduction de Zenit, Anita Bourdin

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